HYMNE À LA LIBERTÉ

L’emblématique Hymne à la liberté, avec la musique d’Oscar Peterson et les paroles d’Harriette Hamilton, illustre un désir profond de respect et d’égalité entre toutes les personnes vivant au Canada, unies au sein d’une nation pacifique. Le 6 mai, des millions d’enseignants, d’élèves et de membres de la communauté, participeront au Lundi en Musique 2019 d’un océan à l’autre!

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VIDÉO DE L’HYMNE

À PROPOS DE OSCAR PETERSON

OSCAR EMMANUEL PETERSON, CC CQ OOnt. est l’un des pianistes de jazz les plus prolifiques de tous les temps. Né le 15 août 1925 dans le quartier de la Petite Bourgogne à Montréal, la musique fait partie de sa vie dès son enfance. Le feu et la passion dont nous avons été témoins en regardant et en écoutant ses interprétations se manifestent très tôt lors de ses leçons avec le célèbre pianiste classique hongrois Paul deMarky. En 1949, après avoir quitté l’école secondaire, et alors qu’il travaillait à temps plein avec son propre trio, l’impresario de jazz de renommée mondiale Norman Granz, entendit une diffusion en direct de l’un des spectacles de Peterson, et l’invita à participer à l’un des fameux concerts de Jazz At The Philharmonic au Carnegie Hall. Peterson accepta et fit ainsi ses débuts aux État-Unis, en duo avec le bassiste Ray Brown. En 1950, Peterson devint membre de JATP à temps plein, faisant le tour du monde avec Benny Carter, Buddy Rich, Herb Ellis, Roy Eldridge, Harry « Sweets » Edison, Clark Terry, Illinois Jacquet, Barney Kessel, Lester Young, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, et bien d’autres encore.

Au cours de ses 60 ans de carrière, Peterson (8 fois lauréat du Prix GRAMMY) a été reconnu mondialement, non seulement pour son dévouement à la musique et aux arts, mais aussi pour son travail humanitaire. Il a parlé du racisme qu’il a vécu lors de ses tournées dans certaines régions des États-Unis au plus fort du Mouvement pour les droits civils, mais ce qu’il a trouvé vraiment inacceptable, c’était de retourner au Canada – un pays qu’il estimait très respecté à l’échelle mondiale – et de rencontrer plusieurs des mêmes situations ici. En 1962, Peterson compose Hymn To Freedom (Hymne à la liberté), alors qu’il enregistre en studio l’un de ses albums les plus populaires, Night Train. L’année suivante, la parolière Harriette Hamilton a écrit les paroles de la chanson, qui incarnent à merveille le message de liberté que Peterson voulait véhiculer à travers sa musique. L’Hymne à la liberté fut rapidement adopté comme hymne non officiel du Mouvement pour les droits civiques. Peterson a confié que son inspiration pour la chanson provenait en grande partie des travaux du Dr Martin Luther King Jr. Le travail humanitaire de Peterson, et sa ferme conviction que tous les individus doivent être considérés égaux, étaient largement reconnus, et en 1984 il fut nommé Compagnon de l’Ordre du Canada – la plus haute distinction civile de son pays – après avoir été fait Officier de l’Ordre en 1972.

Il a continué à composer de la musique et à parcourir le monde avec son Quatuor jusqu’à son décès en 2007. Son héritage se perpétue à travers sa musique et à travers les générations qui ont été inspirées par son travail et qui continuent à transmettre son message.

OSCAR EMMANUEL PETERSON, CC CQ OOnt. est l’un des pianistes de jazz les plus prolifiques de tous les temps. Né le 15 août 1925 dans le quartier de la Petite-Bourgogne à Montréal, le quatrième de cinq enfants de Daniel et Kathleen Peterson, la musique a fait partie de sa vie dès son enfance. Son instrument de prédilection était la trompette, mais une crise de tuberculose infantile – une maladie qui a emporté la vie de son frère aîné, Fred, et dont Peterson affirme qu’il aurait été l’étoile de la famille – a mis fin à sa carrière de trompettiste. Sous la tutelle de sa sœur aînée, Daisy Peterson Sweeney, Oscar a rapidement découvert que le piano était son instrument. Après avoir passé du temps, non seulement à travailler sa technique, mais aussi à former son oreille en écoutant ses frères et sœurs pratiquer, capable de rejouer leurs leçons presque sans faille, Peterson a ensuite poursuivi ses études sous la direction de Lou Hooper, puis du célèbre pianiste classique hongrois Paul deMarky.

Le feu et la passion dont nous sommes les témoins en regardant et en écoutant ses interprétations se manifestèrent très tôt lors de ses leçons avec deMarky. À l’adolescence, Peterson commença à explorer différents styles en-dehors de ses cours de musique classique, et il découvrit le jazz. Il pratiquait pendant les pauses à l’école, attirant l’attention d’un grand nombre d’élèves. L’un de ces élèves est Christopher Plummer, un autre trésor national canadien, qui joue également du piano, et qui jouait parfois à l’heure du dîner. Au cours de ses études secondaires, Peterson informa son père qu’il voulait quitter l’école pour poursuivre son rêve de devenir pianiste de jazz. Sa demande fut rapidement rejetée. Son père fit jouer un disque d’Art Tatum interprétant « Tiger Rag. » Il informa le jeune Oscar qu’il ne lui permettrait pas de quitter l’école juste pour devenir un autre pianiste de jazz. S’il voulait quitter l’école, il devait être le meilleur… et Art Tatum était l’idéal de perfection. Après avoir écouté la maîtrise stupéfiante du piano de Tatum et le mariage presque parfait de sa vitesse et de sa technique, Peterson connut un mois de maladie et d’anxiété durant lequel il ne toucha pas au piano.

Après avoir surmonté ce qu’il qualifiera plus tard de » peur « , Peterson retourna au piano et devient membre de l’Orchestre de Johnny Holmes à Montréal. Après quelques années avec l’Orchestre, il forma également son propre trio. Il commença rapidement à acquérir une certaine notoriété. Les prestations du trio au Alberta Lounge de Montréal étaient souvent diffusées en direct à la radio. Une de ces émissions allait changer la vie de Peterson pour toujours. En 1949, Norman Granz, impresario de jazz de renommée mondiale, entendit l’une de ces émissions en direct alors qu’il était dans un taxi en route pour l’aéroport. Après avoir appris par le chauffeur de taxi qu’il s’agissait d’un spectacle en direct en ville, Granz demanda au chauffeur de le conduire sur place immédiatement pour entendre le jeune pianiste en personne. Lors de leur rencontre, Granz invita Peterson à se rendre à New York et à être l’invité surprise d’un des célèbres concerts de Jazz à la Philharmonie (JATP) au Carnegie Hall. Peterson accepta et se retrouva bientôt sur la scène du Carnegie Hall pour faire ses débuts américains en duo avec le bassiste Ray Brown, marquant le début d’un partenariat musical et d’une amitié qui allaient durer plus de cinq décennies.

En 1950, Peterson devint membre de JATP à temps plein, faisant le tour du monde avec Ray Brown, Benny Carter, Buddy Rich, Herb Ellis, Roy Eldridge, Harry « Sweets » Edison, Clark Terry, Illinois Jacquet, Barney Kessel, Lester Young, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, et bien d’autres encore. La même année, Peterson fut nommé pianiste de jazz de l’année par les lecteurs du magazine DownBeat, un honneur qui sera renouvelé chaque année lors des douze années qui suivirent. Au cours de ses tournées avec JATP, Peterson forma son propre trio et publia plusieurs enregistrements pour les différentes maisons de disques de Granz, dont ses interprétations intemporelles de classiques américains pour sa série de chansons de répertoire, ses albums avec Ella Fitzgerald, Louis Armstrong et Anita O’Day, et d’innombrables enregistrements en direct, dont Live at the Stratford Shakespearean Festival, un de ses plus connus.

Tout en maintenant un programme de tournées qui le gardait sur les routes durant plus de 300 jours par année, Peterson s’efforça de consacrer le plus de temps possible à la composition. Ses compositions lui valurent une reconnaissance mondiale, certaines de ses œuvres les plus connues étant la Suite Canadiana de 1964 et sa suite en trois parties intitulée Hommage à Bach. Il commença aussi à composer des œuvres pour divers projets cinématographiques, dont The Silent Partner de 1978 avec Elliott Gould et Christopher Plummer, et Begone Dull Care de Norman McLaren. Fields of Endless Day, un autre film sur la musique de Peterson produit par l’Office national du film du Canada en 1978, raconte l’histoire d’esclaves américains empruntant le Chemin de fer clandestin pour s’échapper vers le Canada. Parmi ses autres triomphes en composition, mentionnons sa Suite de Pâques en neuf mouvements (enregistrée pour une émission spéciale de la BBC-TV en 1984), un ballet jazz intitulé City Lights, et une suite intitulée Africa, dont la première aura lieu au Koerner Hall de Toronto en 2020 avec des arrangements de John Clayton, lauréat du prix GRAMMY. Peterson a également composé une suite pour le Festival des arts olympiques de 1988 à Calgary, en Alberta, et en 1989, il écrivit Prelude to Forever pour commémorer l’ouverture du SkyDome de Toronto. Bien que plusieurs de ses compositions soient restées inédites, en 2015 Kelly Peterson fit appel à Monty Alexander, Lance Anderson, Kenny Barron, Robi Botos, Bill Charlap, Gerald Clayton, Chick Corea, Benny Green, Hiromi, Oliver Jones, Justin Kauflin, Michel Legrand, Ramsey Lewis, Makoto Ozone, Audrey Morris, Renee Rosnes et Dave Young pour enregistrer Oscar, With Love, une collection de pièces contenant à la fois des compositions originales de Peterson (dont plusieurs n’avaient jamais été enregistrées auparavant), et des compositions écrites en son hommage. Cet enregistrement exceptionnellement personnel a été enregistré à la résidence de Peterson au cours d’une année, utilisant plusieurs de ses propres microphones, et surtout son piano Bösendorfer Imperial bien-aimé.

Après avoir obtenu une reconnaissance internationale pour ses divers groupes, ses tournées avec JATP, ses contributions à d’autres enregistrements d’intérêt avec des artistes comme Duke Ellington, Count Basie, Milt Jackson, Billie Holiday, Ben Webster, Dizzy Gillespie, et plusieurs autres, Peterson a aussi participé à des émissions spéciales télévisées. Au cours de sa carrière, il a animé cinq séries de talk shows avec des invités de divers domaines, dont Ray Charles, l’ancien premier ministre d’Angleterre, le très honorable Sir Edward Heath, Twiggy, Anthony Burgess et, bien sûr, plusieurs de ses collègues du JATP. Peterson a également été l’invité de nombreuses émissions mémorables tels que Parkinson avec Michael Parkinson et le Dick Cavett Show.

L’éducation musicale, et particulièrement le fait de veiller à ce que les jeunes générations d’artistes aient toujours des mentors et des éducateurs, était très importante pour Peterson, et un aspect essentiel de sa carrière. En 1960, Peterson fonda l’Advanced School of Contemporary Music (ASCM) à Toronto avec Phil Nimmons et Ray Brown. Mais, après avoir réalisé que son horaire de tournée ne lui permettrait pas de s’investir dans cette école, c’est à contrecœur qu’ils l’ont fermée. En tournée, Peterson s’assura cependant d’intégrer des classes de maître à son horaire le plus souvent possible. Le temps passé avec des petits groupes de jeunes artistes était très important pour lui et pour ceux qui ont pu y participer.

Peterson se rendit compte que son succès lui donnait une voix, et il prit très au sérieux la responsabilité d’utiliser sa voix pour faire le bien. Dès son plus jeune âge, il a souvent parlé de son amour pour son pays natal, le Canada, et aussi de la responsabilité qu’avait son pays de servir d’exemple au reste du monde, surtout en périodes de bouleversements civils. Il a parlé du racisme qu’il a vécu lors de ses tournées dans certaines régions des États-Unis, au plus fort du Mouvement pour les droits civils, mais ce qu’il a trouvé vraiment inacceptable, c’était de retourner au Canada – un pays qu’il estimait très respecté à l’échelle mondiale – et de rencontrer plusieurs des mêmes situations ici. En 1962, Peterson composa Hymn To Freedom (Hymne à la liberté), au moment où il enregistrait en studio l’un de ses albums les plus populaires, Night Train. L’année suivante, la parolière Harriette Hamilton écrivit les paroles de la chanson, qui incarnent à merveille le message de liberté que Peterson voulait véhiculer à travers sa musique. L’Hymne à la liberté fut rapidement adopté comme hymne non officiel du Mouvement pour les droits civiques. Peterson a partagé que l’Hymne avait été grandement inspiré par les travaux du Dr Martin Luther King Jr.

Le travail humanitaire de Peterson, et sa ferme conviction selon laquelle tous les individus doivent être considérés égaux, furent largement reconnus, et en 1984 il fut nommé Compagnon de l’Ordre du Canada – la plus haute distinction civile de son pays – après avoir été fait Officier de l’Ordre en 1972. Humble devant ses propres succès, Peterson a fièrement reconnu cet honneur alors qu’il continua à voyager à travers le monde pour se produire jusqu’à la fin de sa vie. Parmi ses autres distinctions, mentionnons huit prix GRAMMY (y compris le Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations), le Prix Glenn Gould, le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène, le Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations à la radio de la BBC, l’Ordre de l’Ontario, Chevalier de l’Ordre du Québec, l’Ordre des Arts et des Lettres (France), le Temple de la renommée de la musique canadienne, le Temple de la renommée des prix JUNO, le Temple de la renommée des auteurs-compositeurs canadiens, Prix de la musique de l’UNESCO, le Praemium Imperiale World Art Award et seize doctorats honorifiques. En 2010, Sa Majesté la Reine Elizabeth II a dévoilé une statue de Peterson à Ottawa. La statue, créée par Ruth Abernethy, réside en permanence à l’extérieur du Centre national des Arts, à l’angle des rues Elgin et Albert.

Après une carrière de cinq décennies à son actif et aucun signe de ralentissement, Peterson a été toutefois contraint de faire une pause en 1993 à la suite d’un accident vasculaire cérébral qui a gravement touché le côté gauche de son corps. Sa main gauche ayant été compromise – une des parties les plus reconnaissables de son jeu – Peterson envisagea de se retirer de la scène. Au cours de sa convalescence, il se concentra davantage sur ses autres passe-temps, dont la photographie, la pêche et l’astronomie. Craignant qu’il ne retourne jamais à son instrument, des amis inquiets l’approchèrent pour essayer de le faire revenir lentement mais sûrement au piano. Dave Young amenait sa basse chez Peterson chaque semaine, essayant d’encourager son ami à jouer. Parfois ils se contentaient de bavarder, mais éventuellement il finit par se rendre à son piano au sous-sol. Après une pratique vigoureuse et des encouragements, Peterson retourna sur scène en 1994, d’abord en studio (Side by Side avec Itzhak Perlman, 1994), puis sur scène à Vienne, pour un retour triomphal à la musique.

Il a continué à composer de la musique et à parcourir le monde avec son Quatuor jusqu’à son décès en 2007. Son héritage se perpétue à travers sa musique et à travers les générations qui ont été inspirées par son travail et qui continuent à transmettre son message.

AUTEURE DU TEXTE DE L’HYMNE:
HARRIETTE HAMILTON

À venir.

ARTISTES ET PERSONNEL
DE L’ENREGISTREMENT

Artistes du Réseau des jeunes pour la musique

Ben
MacDonald

Irene
Harrett

Worrell
McFarlane

Céline
Peterson

Jazz Trio

Robi
Botos

Jim
Doxas

Dave
Young

Chorale

Jackie
Hawley

Cantiamo Choirs
of Ottawa