Naomi Klassen, 23 ans, a grandit à Winnipeg, MB et y a reçu une riche éducation musicale; elle a participé à tous les ensembles offerts dans sa petite école secondaire, et a pris des cours de piano en dehors de l’école, obtenant son certificat de piano de 8e année du Conservatoire royal de musique. Elle a découvert la musicothérapie lorsqu’elle a reçu une brochure de l’Université Mennonite Canadienne (CMU) lors d’un salon de l’emploi en 12e année, et a vite compris que cela pouvait lui convenir.

« Je savais que j’aimais la musique mais je n’aimais pas l’aspect de la performance publique et une carrière dans l’enseignement ne m’attirait pas. Après avoir terminé le Secondaire, j’ai réalisé que les expériences musicales que j’aimais le plus étaient relationnelles et pratiques, comme chanter avec ma grand-mère qui était atteinte de démence et diriger la louange à l’église », a-t-elle déclaré. « La musicothérapie a cette douce combinaison de musique de qualité à des fins thérapeutiques et de psychologie basées sur des évidences réelles ».

Pour Mariah Blaine-Longo, 23 ans, c’est le lien entre la musicothérapie et la psychologie qui a tout d’abord éveillé son intérêt. Mariah, qui a grandi à Calgary, AB et à St. Jean, TNL, était étudiante en interprétation vocale à l’Université McGill lorsqu’elle a découvert la musicothérapie dans un cours de psychologie.

« Je savais, en troisième année, alors que j’étais encore en train d’étudier en performance musicale, que la culture et la nature d’une musicienne professionnelle ne me convenaient pas », nous a-t-elle dit. « J’ai commencé à étudier la psychologie et j’ai senti que l’amour que j’avais pour la musique pouvait s’intégrer à mon intérêt pour la psychologie si j’étudiais en musicothérapie… J’ai toujours voulu aider les gens et j’ai découvert que la musicothérapie pouvait combler cette facette de ma vocation plus directement et plus clairement que la performance vocale ».

Pouvoir aider les autres est aussi ce qui a conduit McKenna Ogg, 23 ans, vers la musicothérapie. Originaire de Selkirk, MB, McKenna a grandi dans une famille de mélomanes et a participé à une chorale et à un groupe de musique durant ses études, avant de se spécialiser en chant à la CMU. Ses expériences de bénévolat aux Jeux olympiques spéciaux du Manitoba l’ont menée à rechercher des options de carrière qui lui permettraient de travailler avec des personnes aux capacités variées ; la musicothérapie « semblait être le moyen idéal de combiner mes intérêts et mes forces ».

Bien que McKenna, Naomi et Mariah puissent s’inspirer de leur passion pour la musique dans ce domaine, et faire de la musique avec leurs clients, elles soulignent toutes que la musicothérapie est de nature orientée vers un but précis, et que les musicothérapeutes ne sont pas des » entertainers « . Comme Naomi nous l’a dit, cette profession est une forme de soins de la santé, dans lesquels la musique est utilisée comme un outil pour prendre soin des autres.

Selon l’Association canadienne des musicothérapeutes (ACMT), l’organisme professionnel responsable de la certification des musicothérapeutes (également connu sous le nom de MTA – Music Therapist Accredited, Musicothérapistes certifiés), « la musicothérapie est une discipline dans laquelle les professionnels accrédités utilisent la musique de manière ciblée dans le cadre de relations thérapeutiques pour favoriser le développement, la santé et le bien-être ».

Les MTA utilisent le chant, les instruments de musique, les activités rythmiques, l’écoute de la musique et d’autres techniques d’intervention en fonction des besoins de chaque client. Comme l’explique Mariah, « Tout ce que nous faisons au cours des sessions est utile et sert à la poursuite des objectifs thérapeutiques du client. Oui, la musique est un outil incroyable et peut être très amusante. Cependant, les musicothérapeutes ne sont pas seulement des musiciens bénévoles, nous faisons en fait partie intégrante de l’équipe de soins multidisciplinaire d’un client ».  

Lutter contre les idées faussement reçues sur la profession, ne fut que l’un des défis que ces femmes ont dû relever pour obtenir leur certification de MTA. Naomi a décrit le défi de devoir suivre quatre semestres de stages dans des endroits différents, tandis que Mariah ajoute qu’il peut être difficile d’équilibrer le travail clinique intense avec un programme académique rigoureux. Pour McKenna, qui est actuellement stagiaire, le plus grand défi a été de former son identité en tant qu’individu et thérapeute et, comme elle le dit, « de démêler là où je finis et où commence mon travail ».

Malgré ces difficultés, les trois femmes trouvent que la musicothérapie est une activité très enrichissante et digne d’être poursuivie, notamment en raison des liens établis avec les clients et les collègues. Comme le dit McKenna, « l’aspect le plus gratifiant du programme de musicothérapie a été de pouvoir interagir avec des gens de tous horizons d’une manière très personnelle. Les alliances thérapeutiques que j’ai nouées avec les clients et leurs familles dans le cadre de mon stage et de mon internat constituent pour moi la partie la plus incroyable du travail ».

Pour les jeunes qui seraient intéressés par une carrière en musicothérapie, McKenna, Naomi et Mariah offrent les conseils suivants :

  • Apprenez-en le plus possible sur la musicothérapie, notamment sur les différents cadres d’intervention utilisés par les musicothérapeutes 
  • Assurez-vous d’être prêt à faire face à la nature émotionnellement exigeante de ce travail
  • Préparez-vous à travailler dans des milieux différents, tels que les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée, les écoles et les établissements pénitentiaires
  • Exposez-vous à autant de styles de musique différents que possible
  • Essayez de jouer autant de styles de musique que possible sur différents instruments
  • Révisez votre théorie musicale et votre lecture à vue
  • Assurez-vous d’avoir une solide formation en piano, voix et guitare

Vous trouverez de plus amples informations sur les conditions à remplir pour devenir MTA et sur les écoles canadiennes qui proposent des programmes de musicothérapie, sur le site web de l’Association canadienne des musicothérapeutes.